Discours prononcé par M. Patrick Rousset, maire de Saint-Didier-de-Formans :

Souvenons-nous que les conflits naissent souvent de l’ignorance de l’autre, du repli sur soit naît la tentation de développer sa propre vérité, puis de la rendre peu à peu hégémonique. Le nazisme a créé une réalité que l’on sait, la domination de la force et de la peur. Mais face à ce fléau, nombre de nos compatriotes ont refusé le joug allemand. A travers la résistance, à travers le sacrifice vécu par des milliers d’hommes et de femmes, nous avons retrouvé la paix.

La mort des fusillés de Roussilles en est un exemple : engagés au risque de leur vie, dans les mouvements et les réseaux de résistance, assumant des missions dangereuses (informer, recruter, espionner l’ennemi pour renseigner les alliés, attaquer des convois militaires, entraîner, former, diriger les futurs combattants de l’armée secrète, ravitailler les maquis, abriter les armes parachutées). Le hasard a voulu que ces hommes soient exécutés sur notre commune à Saint-Didier-de-Formans, et depuis ce 17 juin, au lendemain de ce massacre, le Maire Antoine COLAS assisté de Marcel POUVARET, secrétaire de Maire qui ont constaté les faits, chaque année la cérémonie du souvenir s’est déroulé tous les 16 juin. Après Monsieur COLAS, Jean-François PERRET, François REUTHER, Jean DESPRES, Gustave DUVILLARD, Georges GAUTHIER, Jean-Marie GONIN et moi-même avons perpétué ce souvenir.

Lorsqu’on évoque les évènements de Roussilles à Saint Didier de Formans, c’est toujours avec le sentiment de recueillement, de respect et de douleur. En effet, depuis le 16 juin 1944, cette tragédie est ancrée dans la mémoire de tous les désidériens de l’époque. Cette génération n’oublie pas ; elle nous a transmis ce souvenir qui se perpétue depuis soixante-six ans. La commémoration de cette fusillade, dont le premier anniversaire fut présidé par Edouard HERRIOT, rassemble toujours autant de personnes et de nombreuses familles du plus jeune prisonnier, âgé de dix-neuf ans, au plus ancien, âgé de cinquante-huit ans. C’est le sacrifice de ces vingt-huit prisonniers que nous retenons. Soixante-six ans après, il ne faut pas oublier ce tragique massacre : nous avons un devoir de mémoire pour qui ceux qui ont donné leur vie pour notre liberté.

Mais il faut savoir tourner la page et essayer de construire l’Europe dans un esprit de paix, de tolérance et de liberté et puis, rappelons-nous également cette idée qui dictait la conduite de ce symbole de la résistance que fût Jean Moulin : « cherchez ce qui vous unis plutôt que ce qui vous divise ».

 


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